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Libération

A Vilvorde, une usine ferme sans heurt. Joroca, un sous-traitant, a reclassé 75% de ses salariés sans l'aide de Renault.

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Publié le 01/08/1997 à 8h02

Plus de sièges auto à livrer chez Renault Vilvorde. Le sous-traitant

Joroca a fermé ses portes en même temps que l'usine belge du constructeur français. Mais, à la différence de son commanditaire exclusif, la petite firme a déjà bouclé son plan social: 75% des 160 salariés ont retrouvé un emploi. Fait exceptionnel en Belgique, un arrêté royal du 25 juillet, permettra de détacher le reste du personnel pendant un an dans d'autres sociétés. Un plan mené à bien sans la moindre aide de Renault.

Les bâtiments sont flambant neufs mais déserts. Créée en 1989, Joroca, société mixte fondée par trois équipementiers (Johnson Controls, ECA et Roths Frères), n'avait qu'un seul but: fournir tous les sièges auto des Renault belges, soit 820 par jour. En 1994, pour plaire à son unique client, la firme déménage d'Aarschot distant de 60 kilomètres, à Vilvorde. La production en «juste-à-temps» justifie cet effort. Le personnel accepte sa mutation. L'unique fax de Renault. Tout s'effondre le 27 février, avec l'annonce de la fermeture de Renault-Vilvorde. Les Joroca apprennent la nouvelle par la radio. La grève qui s'installe chez leurs voisins paralyse aussitôt leurs ateliers. Les 160 employés du sous-traitant (136 ouvriers, 24 employés) se rongent les ongles. Ils n'ont aucune nouvelle de Paris. Le 11 mars, un fax, un seul, envoyé par la direction des achats de Renault, prévient qu'il faut interrompre la livraison des sièges: cela fait déjà quinze jours que les chaînes ne tournent plus, faute de

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