L'usine Akaï de Honfleur (Calvados) a été tour à tour propriété d'un
groupe japonais, d'une société hong-kongaise, d'un holding taïwanais. Dirigée jusqu'à récemment par un ancien légionnaire (laotien d'origine chinoise). Reprise en main le 17 janvier par le tribunal de commerce du petit port de pêche normand. Aujourd'hui, l'entreprise de montage de magnétoscopes entame un nouveau chapitre de sa vie tumultueuse. Les juges l'ont confiée hier au seul candidat à s'être déclaré: la Compagnie des signaux (CS). Selon le projet déposé par cette dernière, 180 salariés sur 306 seront repris, dont 60 en contrat à durée déterminée de dix-huit mois. Le nouveau propriétaire, spécialiste des équipements en télécommunications (4 900 salariés, 4 milliards de francs de chiffre d'affaires) a l'intention de continuer à produire des magnétoscopes pendant dix-huit mois, avant de reconvertir le site d'ici 1999. La maison mère japonaise d'Akaï, Semi-Tech, et CS ont garanti que les pièces détachées seraient fournies pendant un an et demi.
Il n'aura pas fallu longtemps à la Compagnie des signaux pour se décider. Son PDG, Yazid Sabeg, pris d'une véritable boulimie de rachats (dernier en date: Cisi, une grosse société de services informatiques), visitait encore le site normand, il y a peu. L'usine, fleuron de la haute technologie japonaise (Akaï est filiale de Mitsubishi), a démarré sur les hauteurs de Honfleur en mars 1982 avec 48 salariés. Le travail se faisait en musique, la croissance était extra:




