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«Le libéralisme est frappé dans son bastion»En France, les centrales se réjouissent.

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Publié le 22/08/1997 à 7h12

Bravo les teamsters: les syndicalistes français multiplient les

messages de félicitations à leurs collègues américains. Mercredi, Sud-PTT saluait «la détermination des salariés d'UPS»; hier, c'était au tour de Marc Blondel, le secrétaire général de FO, d'envoyer un petit courrier à l'AFL-CIO, et la CGT a décerné, par communiqué, les lauriers de la «victoire» au mouvement. En France, ce conflit provoque une jubilation certaine. Pour le symbole. Parce que cela s'est passé précisément sur le territoire des Etats-Unis, au sein d'une puissante entreprise. «Le libéralisme est frappé dans son bastion», claironne Sud. «C'est une pierre dans le jardin de ceux qui considèrent que le modèle américain est le modèle en matière d'emploi», se réjouit-on dans l'entourage de Marc Blondel. «S'ils commencent à se réveiller là-bas, c'est qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans leur système ultralibéral», souligne, avec plaisir, Mirolad Sugic, de la CFDT, branche route. Même la pudique CFTC estime qu'il y a là «une nouvelle prise de position aux Etats-Unis sur la précarisation de l'emploi».

Tout ceci relève aussi d'un petit goût de revanche. Le syndicalisme américain s'était trouvé ratatiné après les années Reagan, le voilà qui «redresse la tête», de l'avis général. Emporté par sa joie, SUD parle d'une grève qui «met fin à quinze années de défaite ["] et fait exploser, au coeur même de la bête, le mythe de l'invincibilité du libéralisme» et de la résignation à la flexibilité. «Cela témoign

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