Menu
Libération
Interview

«Les 35 heures vont donner de la souplesse au système».

Réservé aux abonnés

Bernard Brunhes, ancien conseiller de Pierre Mauroy préconise des négociations au cas par cas:

Publié le 29/08/1997 à 6h55

Le décor commence à se dessiner autour de la conférence emplois-salaires-temps de travail que le gouvernement souhaite réunir fin septembre. Le plus délicat sera la mise en oeuvre de la réduction des horaires à 35 heures par semaine. Louis Viannet, pour la CGT, et Nicole Notat pour la CFDT, se sont prononcés, dans des sens souvent opposés (Libération d'hier). Le patronat devrait dévoiler ses batteries vers la mi-septembre. La dernière réduction généralisée de la durée du travail date de 1982. Le gouvernement Mauroy avait à l'époque décidé unilatéralement du passage aux 39 heures. Bernard Brunhes, aujourd'hui à la tête d'un grand cabinet de consultants en gestion des ressources humaines, était à l'époque conseiller social à Matignon. L'expérience de 1981 peut-elle servir à l'actuel gouvernement qui a décidé de passer aux 35 heures?

Tout à fait. Par exemple en se souvenant que le rôle de l'Etat a été de fixer la durée légale, pas la durée réelle du travail. Cela n'a pas été compris. C'est aux partenaires sociaux de passer des accords conventionnels ou d'entreprises pour fixer la durée réelle du travail. En 1981, Pierre Mauroy et Jean Auroux (ministre du Travail), avaient initié une négociation entre partenaires sociaux pour aller vers les 35 heures. Le Premier ministre en avait même bluffé plus d'un, notamment chez les patrons, lors d'une réunion préparatoire à Matignon en juin 1981. On ne leur mettait pas le couteau sous la gorge. La CGT faisait semblant d'être surprise pour l

Dans la même rubrique