Le secteur public s'apprête-t-il à vivre à l'heure du «réalisme de
gauche», selon la formule étrennée par Lionel Jospin ce week-end lors de l'université d'été du PS? Le gouvernement planche actuellement sur l'ouverture du capital de plusieurs entreprises contrôlées par l'Etat. Et semble donner davantage la priorité à son «pragmatisme» affiché qu'aux engagements électoraux d'hier.
Pour Air France et France Télécom, ce sont les nécessités de la concurrence et des alliances internationales qui sont mises en avant pour justifier des privatisations partielles. Dans l'aéronautique et l'armement, les dossiers ne sont plus nationaux mais européens, et ils impliquent exclusivement des partenaires privés (les britanniques British Aerospace et GEC, l'allemand Dasa"). Maintenir Thomson-CSF et même Aérospatiale dans le secteur public risque de les exclure du jeu des restructurations européennes et, à terme, du marché. Vendredi, Lionel Jospin a annoncé aux ambassadeurs de France réunis à Paris que le gouvernement allait annoncer des choix «résolument européens» pour l'avenir de Thomson-CSF et d'Aérospatiale-Dassault. Hier, citant l'exemple de «l'énorme concentration née de la fusion de Boeing et de McDonnell Douglas», qui «a servi de révélateur du danger que nous courons», le Premier ministre a répété que, «dans les secteurs technologiques essentiels, nous devons faire émerger des pôles industriels européens suffisamment forts». En matière industrielle, le «réalisme de gauche» reviendra-t-i




