La gauche ne réussit décidément pas à Christian Blanc, ancien
rocardien. Le PDG d'Air France risque de démissionner. Le gouvernement lui refuse en effet la privatisation immédiate de sa compagnie. En novembre 1992, sous la gauche déjà, Blanc, alors patron de la RATP, avait tempêté pour obtenir une loi sur le service minimum. Manque de chance, Pierre Bérégovoy n'avait pas cédé. Et il avait dû mettre sa menace à exécution. Pour être juste, l'exercice lui a parfois réussi. Au mois de mai, Christian Blanc avait ainsi posé un ultimatum aux pilotes et remporté la partie. Mardi soir, le patron d'Air France a rejoué une de ses partitions favorites: «Retenez-moi ou je fais un malheur.» Ça émeut la droite. Mais pas la gauche qui commence à s'énerver. Tout le monde s'en mêle. Hier, de petites phrases en petites phrases, l'opération «privatisation d'Air France» est devenue l'affaire Blanc.
Dans la partie qui se joue, la direction de la compagnie plaide non coupable. Selon elle, c'est Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, qui a commencé en déclarant à l'Humanité mardi: «Ni privatisation, ni statu quo.» La version du gouvernement est tout autre: «Le ministre a fini par se prononcer publiquement parce qu'il était excédé des pressions épistolaires de Christian Blanc et de son équipe» ces derniers mois, rapporte une source proche de Lionel Jospin. Aïe! Christian Blanc serait-il cette fois allé trop loin?
Il s'est en tout cas braqué sur les propos de Gayssot. Quelques heure




