Le temps s'amuse parfois avec les nerfs des patrons démissionnaires.
En 1993, en pleine grève, Jean-Cyril Spinetta claque la porte d'Air Inter qu'il dirige depuis trois ans. Motif: le PDG de la compagnie n'apprécie pas que son ministre de tutelle, le centriste Bernard Bosson, pilote à sa place l'entreprise. S'il accepte la déréglementation du ciel, il souhaite en échange disposer de sa flotte et interrompre les dessertes déficitaires, ce qui lui est refusé. Sa lettre de démission envoyée, Spinetta accueille son successeur Michel Bernard et... Christian Blanc, lequel vient tout juste d'être nommé à la tête d'Air France, dont Air Inter est devenue la filiale. Quatre ans plus tard, Christian Blanc, en total désaccord avec son ministre (le communiste Jean-Claude Gayssot) sur la question de la privatisation du groupe, démissionne à son tour. Et s'apprête à recevoir Jean-Cyril Spinetta...
Au terme d'un véritable marathon, ce Corse, considéré comme un homme du service public, a fini par remporter la partie sur tous ses concurrents pour prendre les rênes d'un groupe où, cette fois, Air France et l'ex-Air Inter ne formeront plus qu'une seule et même compagnie. De prime abord, sa candidature n'était pas la mieux placée. Cet énarque de 54 ans avait toujours défendu l'autonomie de la compagnie intérieure face aux partisans du mariage forcé avec Air France. Ce qui lui vaut encore de solides amitiés dans l'une et une bonne méfiance dans l'autre. Or, la fusion étant maintenant acquise, quelq




