Selon le mot d'un député de la majorité prononcé hier, «il était
temps que le gouvernement se décide». Après quinze jours de tergiversations, Matignon s'est décidé à désigner un successeur à Christian Blanc, le patron d'Air France. Ce dernier avait fait connaître sa décision de partir, vendredi 5 septembre, au terme d'une véritable crise avec son actionnaire majoritaire. Hier, à 13h50, un communiqué des services du Premier ministre a donc mis fin au suspense en nommant Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron d'Air Inter de 1990 à 1993. Catherine Trautmann a justifié ce choix en mettant en avant «ses compétences, sa disponibilité et sa capacité à prendre le relais» pour «diriger de la meilleure façon possible ce groupe [...] avec une attitude de loyauté envers l'actionnaire qu'est l'Etat». Petit commentaire supplémentaire de la porte-parole du gouvernement: «Sa mission est évidemment lourde et chacun en a bien conscience.» En fin de journée, le nouveau patron d'Air France a été reçu une demi-heure par le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui lui a souhaité «bonne chance».
Rarement, le choix d'un président d'entreprise publique aura donné autant de peine et suscité autant d'hésitations. Le nom de Jean-Cyril Spinetta était apparu dès le début dans la liste des candidats, avant de disparaître au second tour puis de refaire surface. Jusqu'à mercredi soir, l'incertitude a prévalu. Et la valse des candidats potentiels a été impressionnante. Au moins huit noms ont été évoqué




