Liège, envoyée spéciale.
La culasse du fusil-mitrailleur claque sèchement. «Demandez donc à Schwarzenegger ce qu'il en pense!» La plaisanterie fait rire. Pas trop longtemps. Affiché à la porte de l'atelier en brique rouge, un dessin, représentant une cartomancienne penchée sur sa boule de cristal, résume l'humeur générale. «L'avenir de FN Herstal? Noir, je le vois très noir.» Les 1 400 salariés aussi, depuis que Giat-Industries, le fabricant français du char Leclerc, a annoncé en 1995 son intention de se séparer de sa filiale belge, implantée à Herstal, dans la banlieue de Liège. Spécialiste des fusils et pistolets civils et militaires, propriétaire des marques Browning et Winchester, l'usine tourne au ralenti. Deux ans que ça dure.
En juillet dernier, le groupe public français croyait avoir trouvé la solution en proposant au fabricant d'armes américain Colt de racheter ses 92% de parts qu'il détient dans la Fabrique nationale (FN), vieille gloire mondiale de la gâchette, créée en 1889 et rachetée cent ans plus tard. Une lettre d'intention entre les deux armuriers Colt et Giat a été signée, assurant l'exclusivité de l'affaire. Mais les Belges font toujours de la résistance avec, d'un côté la Région wallonne qui détient 8% du capital et un droit de veto sur les grandes orientations stratégiques de l'entreprise, et de l'autre des salariés convaincus que l'américain cherche tout simplement à les éliminer du marché. Alors, Giat s'impatiente. D'autant plus facilement que le group




