Journées décisives pour le groupe d'armement Giat-Industries et sa
filiale belge FN Herstal, propriétaire des marques Browning et Winchester. Après des mois de négociations difficiles, la région wallonne, actionnaire de FN Herstal à hauteur de 8%, a refusé, la semaine dernière, le plan de reprise mis sur la table par l'américain Colt. Elle se propose maintenant de racheter les parts du groupe public français. Hier, l'américain, avec lequel Giat s'était engagé à négocier en exclusivité, a réitéré son offre. Les représentants de Colt, de Giat-Industries et de la région wallonne doivent se rencontrer aujourd'hui pour tenter de débloquer la situation. Tout doit être bouclé avant le conseil d'administration de mercredi. Faute de quoi, Jacques Loppion, le patron de Giat-Industries, menace de «se fâcher» et de «déposer le bilan».
D'où vient ce feuilleton qui n'en finit pas avec la vente de FN Herstal?
Avant tout, je tiens à préciser ceci: ce que la Wallonie considère comme un véritable joyau industriel (3000 salariés dont 1400 à Liège, ndlr) était en faillite au moment où Giat-Industries l'a racheté, en 1991. Un mois après mon arrivée à la tête de Giat, en juillet 1995, j'ai découvert l'ampleur des dégâts et surtout l'existence de droits de veto sur les investissements, la stratégie, et jusqu'à la nomination des dirigeants conférés à la région wallonne par mon prédécesseur. Le gouvernement français n'était même pas au courant! J'ai donc rencontré Robert Collignon, le ministre-pré




