Juppé avait une nette préférence pour Lagardère, Jospin choisit la
formule Alcatel. Le groupe français sera le partenaire «stratégique» de Thomson CSF. Associé à Dassault et à l'Aérospatiale, Alcatel entrera prochainement dans le capital de Thomson pour en devenir l'opérateur industriel et conduire «la première étape de la restructuration de l'industrie de l'électronique de défense». Soucieux de rappeler qu'il ne s'agit plus d'une privatisation mais bien d'une ouverture de capital contrôlée, Matignon a précisé hier par communiqué que «le secteur public restera le premier actionnaire de Thomson CSF avec une participation supérieure à 35%». Concrètement, c'est à la faveur d'une augmentation de capital de Thomson CSF, qu'Alcatel devrait devenir le deuxième actionnaire du groupe électronique pour environ 20% en y apportant ses actifs et ceux de ses alliés: ses télécommunications militaires, l'électronique de défense de Dassault et les activités satellites d'Aérospatiale et d'Alcatel. Une visionExit Matra, au moins pour le moment. Le schéma choisi par le gouvernement ressemble à s'y méprendre au grand mécano industriel dont rêvait déjà Alcatel du temps d'Alain Juppé, celui-là même qui avait la faveur de certains hauts fonctionnaires de l'équipe Jospin. Dès juillet, après l'annulation de la procédure de privatisation de Thomson telle qu'elle avait été engagée par le gouvernement précédent, les nouveaux responsables, et en particulier Jean-Pierre Jouyet, le directeur de cabinet




