Menu
Libération

Les conseils-gotha des grandes firmes. Le nombre des administrateurs cumulards de mandats a explosé en France.

Réservé aux abonnés

Publié le 17/10/1997 à 10h11

Indécrottables patrons français. Alors que la notion de

«gouvernement d'entreprise» se répand sur les places boursières ­ pour mieux défendre les intérêts des actionnaires, les administrateurs se doivent d'être indépendants du management des entreprises ­, les dirigeants français resserrent les rangs. Ou plutôt ils continuent allégrement à se coopter entre eux, en cumulant fauteuil de PDG par-ci, strapontin d'administrateur par-là. A lui seul, l'exemple de Jean Peyrelevade est édifiant: le PDG du Crédit Lyonnais détient neuf mandats d'administrateur. Deux ans après le rapport Viénot (du nom du président de la Société générale) destiné à secouer les mauvaises habitudes hexagonales, Michel Bauer et Bénédicte Bertin-Mourot en dressent aujourd'hui un autre, peu encourageant (1). Les deux sociologues du CNRS, habitués à disséquer les allées du pouvoir économique, estiment que «contrôleurs (administrateurs) et contrôlés (PDG) ne forment qu'un seul et même groupe». Ainsi, sur les 39 sociétés cotées au CAC 40 étudiées entre janvier et juillet 1997 (le nombre est resté stable sur cette période), 20% des administrateurs trustent 44% des mandats. Pis: dans 13% de ces entreprises, les deux tiers des membres du conseil d'administration sont des cumulards (la Générale des eaux et Havas remportant la palme). Des conseils-gotha, en quelque sorte. Pas de femmes ici, ni même d'étrangers, sauf très très rares exceptions. . La mondialisation, c'est bon pour les marchandises. Ces messieurs ont

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique