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Libération

Textile: Aubry taille un costume à la droite. La ministre dénonce le plan social du gouvernement Juppé, jugé illégal par Bruxelles.

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Publié le 30/10/1997 à 10h58

Le gouvernement se cherche en urgence une «aubryette» pour le

textile, l'habillement et le cuir; une aide qui ne soit pas trop catégorielle aux yeux de Bruxelles, sans être tout à fait du même type que celle dont avaient bénéficié les constructeurs automobiles ­ la fameuse Juppette. L'«aubryette», du nom de Martine Aubry, ministre de l'Emploi, servirait d'abord à sortir le secteur d'un joli guêpier. En mars 1996, Franck Borotra, ministre de l'Industrie du gouvernement Juppé, lançait un plan de sauvetage du textile avec allégement de charges sur les bas salaires contre embauches ou maintien de l'emploi. Ce plan, réclamé à grands cris par le patronat, est entré en application depuis plusieurs mois et court jusqu'au 31 décembre. Sauf que la Commission européenne, après avoir épluché le dossier, l'a jugé politiquement incorrect. Illégal. Bruxelles a donc l'intention de réclamer le remboursement de ces aides dont ont bénéficié un bon millier d'entreprises de plus de 50 salariés (soit un ensemble de quelque 150 000 salariés). L'ardoise est lourde: 1,2 milliard de francs!

Héritage politique. Le gouvernement actuel, qui devra présenter la facture aux entreprises ­ et qui cherche en ce moment à gagner du temps auprès de Bruxelles ­ n'a pas l'intention de porter le chapeau. D'autant qu'à l'Assemblée, l'opposition accuse Martine Aubry de «laisser tomber le secteur». «Nous avons décidé de réagir vigoureusement, car ces attaques sont à la limite du scandale. Ce dossier a été géré de façon

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