Ça se gâte. La France se prépare à la grève des routiers. Trois
jours avant le démarrage d'un conflit largement annoncé, et alors que l'espoir d'échapper aux barrages se réduit, les routiers étrangers commencent à quitter le territoire et les entreprises augmentent leurs stocks. Hier, le patronat des transporteurs et celui des déménageurs ont recommandé à leurs adhérents d'éviter de sortir leurs véhicules dès dimanche soir afin qu'ils ne se retrouvent pas bloqués, et de «prévenir leurs clients des risques sérieux de voir les approvisionnements et les livraisons désorganisés».
De fait, des précautions ont déjà été prises. Pour la deuxième journée, le trafic des poids lourds dans le tunnel sous la Manche s'est intensifié. Mercredi, Eurotunnel a enregistré le passage de 2100 camions contre 1600 en moyenne. Hier, à 16 heures, ils étaient déjà 1300 à avoir emprunté le tunnel. Un peu partout, les livreurs se dépêchent de répondre à la demande avant le week-end.
En début de semaine, la direction logistique de Carrefour avait recommandé à ses hypers de«légèrement surstocker l'alimentaire non périssable» (café, sucre"). «Nous sommes évidemment attentifs mais pas trop inquiets. Ce n'est pas la guerre du Golfe, non plus», tempère-t-on au siège du groupe. La grande distribution rappelle qu'en 1996, au plus fort du mouvement, les approvisionnements n'ont pas été interrompus malgré quelques difficultés pour les produits frais. Beaucoup plus inquiète, la filière fruits et légumes, qui estime




