Les départs en retraite s'effectuent de plus en plus en ordre
dispersé. Cette fois, ce sont les ouvriers d'Etat des arsenaux et de Giat-Industries qui pourront tailler leurs rosiers à 52 ans (contre 55 ans jusqu'ici). Cette «mesure d'âge dérogatoire» annoncée sans plus de précision mercredi par Alain Richard, le ministre de la Défense, devrait concerner plus de 3000 salariés du secteur public d'armement, soit 10% des effectifs. Ces derniers rejoindront ainsi le petit cercle des retraités prématurés (lire ci-contre), au risque de provoquer quelques jalousies dans d'autres branches industrielles qui, bien que souffrant également de sureffectifs, ne bénéficient pas de la même protection de l'Etat. «Peut-être les pressions sont-elles plus fortes dans ce secteur-là"», s'interrogeait, jeudi, un syndicaliste du textile.
Inaugurée par les dockers et les sidérurgistes, avec une retraite sur mesure à 50 ans, les dérogations évoluent depuis plus de vingt ans selon une sorte d'échelle de Richter des conflits sociaux et/ou selon la puissance du «statut» des requérants. Après les barrages de 1996, les routiers ont ainsi obtenu la retraite à 55 ans. Plus discrètement, au mois d'août 1997, le personnel des 183 Chambres de commerce et d'industrie (CCI), réputé chouchouté par un statut consulaire inspiré de la fonction publique, a décroché un départ anticipé à 56 ans (avec 65% du salaire). Pour éviter la contagion des revendications, le ministère du Travail s'empresse d'ailleurs de préciser qu




