Cette fois, c'est la panne. Grave. Hier, le gouvernement japonais a
admis officiellement que la deuxième économie mondiale était à l'arrêt. Dans son rapport mensuel, l'Agence de planification économique (EPA) n'a en outre pas exclu le risque d'une aggravation de la situation, sans toutefois prononcer le mot encore tabou de récession. Ce réalisme retrouvé des autorités nippones jusqu'à la semaine dernière, elles parlaient encore de «reprise progressive» aurait pu rassurer les investisseurs. Ce fut tout le contraire: l'indice Nikkeï, baromètre de la Bourse de Tokyo, a enfoncé brièvement un nouveau seuil critique, celui des 15 000 points, ravivant les pires souvenirs de 1995, lorsque le Japon était en pleine spirale déflationniste. Cet été, le Nikkeï caracolait encore au-dessus des 20 000 points" Les raisons de cette panne viennent d'être montrées du doigt par l'OCDE: le gouvernement Hashimoto, qui a voulu assainir les finances publiques, a donné un tour de vis fiscal un peu trop brutal. La TVA a été augmentée, les cotisations sociales aussi et les déductions d'impôt sur le revenu ont été supprimées. L'effet ne s'est pas fait attendre: effondrement de la consommation, croissance négative de près de 3% au deuxième trimestre. «Le gouvernement a augmenté la pression fiscale de 550 milliards de francs, constate Kenneth Courtis, de la Deutsche Bank. Ajoutez à cela la crise asiatique, qui est l'équivalent d'un minichoc pétrolier pour le Japon, vous comprenez pourquoi l'economie




