Tous étaient contents mais tous n'ont pas réussi à faire partager
leur optimisme. Après s'être autocongratulés au soir du sommet européen de Luxembourg consacré à l'emploi, les Quinze ont eu à gérer un accueil diversifié de retour chez eux. Pour les uns, la montagne a accouché d'une souris, pour les autres, les critères de Luxembourg ne servent à rien.
Espagne. «Ridicule», «inquiétant», «lamentable»: syndicats et opposition de gauche espagnols n'ont pas de mots assez durs pour critiquer la position du gouvernement de José Maria Aznar, accusé de s'être dérobé aux engagements signés par les autres pays. Les accords de Luxembourg donnent cinq ans aux Etats membres pour proposer un emploi, une formation ou une occupation aux jeunes chômeurs ou à ceux de longue durée. Or, Madrid a obtenu une clause permettant un délai plus long. Une attitude jugée «absolument décevante» par Candido Mendez, secrétaire général du syndicat UGT, proche des socialistes.
Allemagne. En Allemagne, si la puissante Confédération des syndicats allemands (DGB) considère que le sommet est «un pas dans la bonne direction», Herbert Hax, l'un des principaux conseillers économiques du gouvernement, parle de «volontarisme aveugle», ce qui ne l'empêche pas de trouver vraisemblable que «cet hiver, la barre des cinq millions de chômeurs soit franchie». Un record que même la république de Weimar n'avait pas atteint.
Belgique. Les Belges se montrent tout aussi circonspects, mais pour d'autres raisons. «C'est Lionel Jospin




