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35 heures: le CNPF part en guerre sous un pseudo. Le patronat invente un nouveau sigle -ACE- pour redorer son image.

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Publié le 28/11/1997 à 12h59

Tout commencera par une autruche «qui ne veut pas voir les

problèmes». Puis l'image sera relayée par un message tout aussi explicite: «Parce que l'emploi gagnera avec les entreprises, pas contre.» Lundi, et pendant cinq jours, des chefs d'entreprise affiliés au CNPF vont s'offrir des pleines pages de pub dans plusieurs quotidiens pour dénoncer la loi sur les 35 heures. Pour lancer l'offensive, hier, ces mêmes dirigeants, appuyés par huit fédérations industrielles (agroalimentaire, chimie, métallurgie, mécanique, textile") ont déposé les statuts de l'Association croissance emploi (ACE). L'ensemble regroupe 30 000 entreprises, 3 millions de salariés, 3 000 milliards de francs de chiffre d'affaires. C'est la naissance d'un «nouvel outil» du patronat, animé par Jean-Marc Descarpentries, ancien président de Bull, Guillaume Sarkozy, PDG de Tissage de Picardie (120 salariés), et Frédéric Roure, PDG de GFI industries (visserie boulonnerie, fixations aéronautiques). Objectif: «Convaincre l'opinion publique que nos idées sont valables», face à un pouvoir incarné par Lionel Jospin, dont la cote ne faiblit pas. Après la conférence sur l'emploi et la réduction du temps de travail du 10 octobre, où les patrons s'étaient sentis «bernés», après les déclarations à l'emporte-pièce sur la nécessité de se faire représenter par des «tueurs», après, surtout, les nombreuses critiques dans les rangs patronaux sur les loupés de communication du CNPF, accusé de ne pas avoir su défendre ses intérêts

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