Avant tout conseil exécutif, les plus éminentes personnalités du
«gouvernement du CNPF» se retrouvent chez Edgar, leur cantine de la Rue Marbeuf. Pour la première fois hier, ils ont dérogé à la tradition. Car leurs violons étaient accordés depuis longtemps. Vers 17 heures, les responsables patronaux sortent et confient sur le trottoir que l'élu de leur coeur se nomme, comme prévu, Ernest-Antoine Seillière, ou «EAS». Celui-ci, par élégance, avait choisi de ne pas occuper son fauteuil au conseil exécutif. Patron de la CGIP (Compagnie générale d'investissement et de participation), l'héritier des Wendel a été adoubé par 30 voix sur 35.
Un score qui ne laisse plus planer aucune incertitude sur son élection comme patron des patrons français, le 16 décembre, à l'issue de la prochaine assemblée générale du CNPF. Les outsiders ne seront pas parvenus à tenir la corde. Dominique Lebel, à la tête d'une boîte d'immobilier, n'a recueilli que deux voix. Vraisemblablement délivrées par les petits patrons de province autorisés à siéger au saint des saints. Et un seul bulletin en faveur de Jean-Pierre Gérard, nommé membre du conseil politique de la Banque de France par Philippe Séguin. «Normal que ses copains politiques se prononcent pour lui. Dommage pour lui qu'il n'y en ait qu'un seul», brocarde le patron d'une fédération. Un autre estime que les bulletins accordés à ces deux petits candidats viennent de responsables qui, dans la prochaine équipe dirigeante, ont tout simplement «peur de ne




