Mercredi, 22 h 20, ministère de l'Emploi. Marc Vilbenoît, président
d'une CGC moribonde, arrive, la mine crispée. Le docteur Bernard Kouchner, ministre de la Santé, le suit de peu, comme s'il avait été appelé d'urgence au chevet du malade. Puis c'est le tour de Louis Viannet, leader de la CGT, accueilli par Martine Aubry. Coupe de champagne pour lui, verre d'eau pour la ministre. Premières impressions échangées autour des buffets dressés pour cette soirée électorale, écrans géants et téléviseurs en décor. Les premiers résultats sont tombés: l'abstention est forte, les scores maigrichons. Aux sièges des centrales CGT, CFDT, FO, où les militants se font rares, la morosité succède à l'attentisme. A FO, chacun se scrute et se demande qui, demain, pourrait claquer la porte de la maison. A la CFDT et à la CGT, on a le triomphe modeste et le pot rapide. Au ministère, en revanche, c'est maintenant la bousculade. A 23 h 10, Lionel Jospin pénètre dans l'hôtel du Châtelet avec Marc Blondel sur les talons. Le patron de FO ne peut alors s'empêcher d'apostropher méchamment Marc Vilbenoît: «Vous allez bientôt disparaître, vous!» Les leaders syndicaux font cercle autour du Premier ministre et se plaignent de la couverture télévisée des prud'hommes. «France 2 a fait un seul sujet, et uniquement sur le FN!» Jospin n'est pas au courant. «Vous devriez regarder la télé», lui reproche Viannet. «Faudrait revoir l'organisation de ces élections», enchaînent les syndicalistes. «Faites des proposition




