Comment faire passer l'ouverture du capital d'une entreprise
publique pour une véritable opération de marché? C'est le casse-tête posé par la privatisation partielle d'un groupe en convalescence financière et commerciale et donc pas forcément attractif pour le boursicoteur moyen. Et pourtant, c'est par là que commence le mandat de Jean-Cyril Spinetta, successeur de Christian Blanc à la présidence d'Air France. L'ancien PDG avait quitté l'entreprise après que le gouvernement lui a refusé une privatisation immédiate. Son remplaçant, lui, avance par étape; le nouveau patron vient de dévoiler son projet d'ouverture du capital à hauteur d'environ 20%, avec une cotation sur le marché à règlement mensuel au printemps. «Cette opération , a expliqué Jean-Cyril Spinetta, permettra d'assurer une valeur aux actions déjà détenues par le personnel depuis la vague d'actionnariat salarié de 1994.» Actuellement, un peu moins du tiers des effectifs d'Air France est actionnaire de l'entreprise. Négociation. Dans la foulée, le président propose aux pilotes l'ouverture d'une négociation sur le principe d'un échange salaire/actions: une réduction de la rémunération des pilotes de 15% contre une tranche de 10% de titres qui leur serait réservée. «Nous demandons aux pilotes de prendre acte de ce que leur rémunération est plus élevée que celles des autres pilotes européens, a expliqué Spinetta. Nous leur proposons des actions qui compenseront pendant quelques années leur perte de salaire, et nous l




