Face aux 35 heures, les entreprises ont le choix entre trois
attitudes: traîner des pieds jusqu'en l'an 2000 (l'option CNPF du moment); rentrer bon gré mal gré dans le dispositif Aubry; ou bâtir à leur propre sauce une réduction du temps de travail sans aides et donc sans que les pouvoirs publics puissent exiger quoi que ce soit en retour. De plus en plus de patrons réfléchissent tout haut à cette dernière solution qui a déjà eu les faveurs de KLM-France, filiale de la compagnie aérienne néerlandaise, avant que la CFDT ne parvienne à bloquer le dossier.
Le 5 septembre, un mois avant la conférence nationale consacrée aux 35 heures à l'issue de laquelle les patrons s'estimeront «bernés», KLM (150 salariés en France) met le sujet sur la table de son comité d'entreprise. Autant anticiper les choses, estime la direction qui se doute bien que le nouveau gouvernement s'apprête à légiférer sur la réduction du temps de travail. «Plutôt que de subir, nous voulions être innovants avec un accord sur trois ans», explique Françoise Devoucoux, directrice des ressources humaines. Mais le projet de KLM va assez loin dans les contreparties demandées: les 35 heures pour tous, hormis les salariés du fret non concernés par l'accord (une trentaine de personnes) s'accompagnent d'une annualisation (semaine de quatre jours, à raison de 8 h 45 par journée de travail) et surtout d'une diminution importante des salaires: 10,25% en moins. Pour faire passer la pilule, la direction propose un système d'i




