New York, de notre correspondant.
Boeing a annoncé hier la fin d'une frénésie d'embauches sans précédent. Après avoir recruté environ 32 000 nouveaux salariés depuis le début de l'an dernier, l'entreprise de Seattle se prépare maintenant à diminuer progressivement ses effectifs. Une réduction d'environ 10% du total des 118 000 salariés de sa gigantesque division aéronautique commerciale. Ces réductions auront lieu principalement par des non-remplacements de départs en retraite. Cette décision, soulignent toutefois les responsables de Boeing, est indépendante de la situation en Asie; aucune compagnie aérienne asiatique n'a pour l'instant annulé de commandes. Elle est d'autant plus surprenante qu'elle intervient après des mois de véritable panique face à des carnets de commandes surchargés. La contradiction n'est qu'apparente; la peur du manque de main-d'oeuvre s'était traduite chez Boeing par une totale désorganisation de la production et un nombre d'embauches supérieur aux prévisions. Le chômage dans la région de Seattle est inférieur à 5% et, après des années de licenciements massifs, la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée est aujourd'hui un des problèmes numéro un de l'industrie aéronautique américaine.
Confrontés au même manque, les sous-traitants n'ont pourtant pas eu cette frénésie d'embauches. Echaudés par des années d'aléas cycliques dans le secteur, ils se montrent prudents. Du coup, Boeing n'étant plus nécessairement en tête de leurs priorités, ils n'ont pu suivre le




