Pourquoi bouder son plaisir? Air France fait des bénéfices et, pour
une fois, la compagnie ne se lamente pas sur son sort d'entreprise publique en redressement. Les résultats sont franchement ronflants: 1,76 milliard de francs pour le premier semestre de l'exercice 1997-1998, qui va du 1er avril au 30 septembre, contre 597 millions sur la même période de l'an dernier.
Par ailleurs, le chiffre d'affaires de la compagnie, née de la fusion d'Air France et d'Air Inter, a progressé de 9,3%, à 28,9 milliards. Bref, pour l'ensemble de l'année, la direction du groupe espère que les profits s'élèveront à un peu plus d'un milliard de francs (contre près de 300 millions de francs en 1996-1997). Il faut dire que le transport aérien mondial traverse une de ces phases positives où les recettes augmentent et les coûts se stabilisent. A Air France, les avions se remplissent nettement mieux: la recette unitaire par siège et par kilomètre a progressé de presque 10%. Explications: les achats de la compagnie ont moins augmenté que le chiffre d'affaires et les coûts salariaux qui ont baissé de 20% au cours de ces trois dernières années se sont à peu près stabilisés. Enfin, et surtout, le transporteur national a profité d'un effet de change très favorable, puisque cela explique la moitié de la progression de la recette unitaire.
Tout juste arrivé à la présidence de la compagnie, Jean-Cyril Spinetta bénéficie donc d'une situation particulièrement favorable, héritée de son prédécesseur Christian




