On résume. Prenez une crise asiatique que chacun s'accorde à trouver
assez grave. Ajoutez des turbulences boursières consécutives à ladite crise. Mélangez le tout avec un dollar qui joue aux montagnes russes. Saupoudrez d'une perspective de passage aux 35 heures propre à alarmer le patronat. Que croyez-vous qu'il en sortira? Rien de bon, selon les banquiers, qui révisent à la baisse, les uns après les autres, leurs prévisions de croissance pour 1998. Rien de grave, selon l'Insee, qui publie ce matin ses prévisions pour le premier semestre de l'année prochaine.
C'est tout de même curieux. Bien qu'ils travaillent sur les mêmes ordinateurs à partir des mêmes informations, les économistes n'arrivent pas à se mettre d'accord sur ce qui va se passer dans les six mois qui viennent. N'exagérons rien: on ne peut pas comparer le service des études de la Caisse des dépôts et consignations avec l'antichambre de Madame Irma. Ni l'Institut national de la statistique avec la cuisine de Madame Soleil. Mais enfin, il faut bien reconnaître que pendant que les uns vous annoncent que l'économie française va en baver des ronds de chapeau (ou, en tout cas, subir un vrai coup de frein au premier semestre 1998) les autres s'emploient à vous rassurer et vous promettent «une croissance plus équilibrée» pour l'année prochaine. Revue des arguments en présence.
Les raisons d'être pessimiste. L'effondrement des économies asiatiques (Thaïlande, Corée, etc.) va avoir plusieurs conséquences plus ou moins grav




