Séoul envoyée spéciale
Les banquiers ne sont pas des moutons. Dès le début de la crise financière, les banques japonaises ont coupé les lignes de crédit de leurs clients coréens. En tout, elles auraient ramené leurs encours de 24 milliards de dollars, fin 1996, à une quinzaine de milliards de dollars actuellement. Les banques françaises, elles, sont restées «engagées» à l'égard de leurs débiteurs locaux. Elles ont un encours de l'ordre de 15 milliards de dollars sur la Corée du Sud, indiquent plusieurs sources bancaires dans la capitale coréenne.
«Les Japonais ont eu un comportement de repli qui s'explique sans doute par la mauvaise santé de leur propre système bancaire», dit un banquier étranger à Séoul. Le problème est que ce repli s'est fait d'un seul coup fin novembre-début décembre, ce qui n'a fait qu'aggraver la crise de liquidité de la Corée du Sud. La presse locale ne s'est pas privée de le faire remarquer en insistant sur la «trahison» des banquiers japonais.
Selon la banque de Corée, les établissements français les plus engagés sont le Crédit Lyonnais et la Société générale, suivis par Indosuez, la BNP et la banque Paribas. Les trois premières auraient un encours local de l'ordre de 1,5 milliard de dollars, les suivantes de l'ordre du milliard. Mais il faut y ajouter les prêts accordés par le siège ou par d'autres entités que les succursales de Séoul. On arrive ainsi à une fourchette de 3 à 4 milliards de dollars pour les trois premières et de 2 à 3 milliards pour les




