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Air France et la gauche: histoire secrète d'un clash (1). Un communiste aux commandes. En juin, Gayssot arrive aux Transports. Le PDG du groupe s'inquiète.

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Publié le 22/12/1997 à 13h55

Air France a été le psychodrame politico-économique de l'année 1997.

Entre mai et septembre, un incroyable duel a opposé le gouvernement à la direction d'Air France, pourtant truffée de proches du PS. Après avoir revu la quasi-totalité des acteurs, Libération revient sur cette histoire. Une enquête-feuilleton pour la semaine de Noël.

«Monsieur le président, veuillez-vous asseoir"» Le ton de Lionel Jospin est glacial. Christian Blanc comprend. C'est la première fois que les deux hommes se vouvoient. Ce jeudi 4 septembre, à 19 heures, en pénétrant dans le bureau du Premier ministre, le PDG d'Air France a perdu la partie. C'est fini, il n'obtiendra pas la privatisation de la compagnie aérienne. Après quatre mois de conflit avec son actionnaire principal, l'Etat, il ne lui reste plus qu'à partir. La garde rapprochée de Blanc est effondrée. «Les communistes ont eu notre peau!»

L'histoire de cette crise, qui a étonné le monde entier par son côté «très français» (mélange de la politique et de l'économique, ego froissés d'élites, extrême sensibilité sur la question du secteur public en général et de la compagnie «nationale» en particulier"), a commencé très exactement le 17 mai. Ce jour-là, en pleine campagne législative, le candidat Jospin répond, par une longue lettre, à l'interpellation d'un administrateur CFDT d'Air France. Fustigeant l'action «désastreuse pour notre pavillon national» de la majorité sortante, le leader du PS promet «le maintien du groupe Air France au sein du sect

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