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La Corée mise sur les exportations pour guérir. Les conglomérats endettés veulent profiter de la chute du won pour vendre leurs produits.

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Publié le 23/12/1997 à 14h19

Séoul; envoyée spéciale.

Les produits coréens vont-ils inonder les marchés mondiaux? La crise qui a mis à genoux le dragon sud-coréen, onzième puissance économique mondiale, n'a pas que des inconvénients pour les chaebols, les grands conglomérats qui contrôlent les trois quarts de l'économie du pays. La dévaluation massive du won, qui a perdu en un mois la moitié de sa valeur face au dollar, augmente d'autant la compétitivité des produits made in Korea. En novembre, la balance des paiements courants a dégagé son premier excédent depuis 1993 ­ 600 millions de dollars. Pour l'année prochaine, les économistes anticipent un boom des exportations de l'ordre de 15%. Pour survivre, les chaebols sont de toute façon condamnés à exporter. Sans quoi, leurs énormes capacités de production resteront inemployées. Jusqu'à présent, la stratégie des chaebols était simple: grossir toujours plus, en créant chaque année plusieurs nouvelles activités. «Il n'est pas rare de voir un chaebol investir jusqu'à 30% ou plus de son chiffre d'affaires», relève un analyste à Séoul. «Ensuite, il faut être capable de gérer. C'est là que les problèmes commencent.» Cette stratégie de croissance tous azimuts a été favorisée par la collusion entre les conglomérats, les banques et les milieux politiques. «Les chaebols financent la classe politique qui renvoie l'ascenseur en obligeant les banques, via le ministère des Finances, à leur accorder des prêts. Pour ceux qui ont le bras long, le robinet des crédits rest

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