Secouez-la ou mieux: vendez-la. Pour un montant «proche de 5
milliards», Pernod-Ricard a signé hier un accord en vue de vendre Orangina à Coca-Cola. Après une suspension du titre Pernod-Ricard pendant toute la journée de lundi, la direction a indiqué que la cession devait encore faire l'objet d'un contrat définitif. Par cette transaction, le groupe cède sa marque phare et quatre usines de fabrication et d'embouteillage. En revanche, les boissons Pam-Pam, Ricqlès et Brut de Pomme ne sont pas comprises dans le prix. Jean-Claude Beton, le créateur de la boisson à la pulpe d'orange, devra se faire une raison: entre le commerce, les profits et les sentiments, les dirigeants de Pernod-Ricard, qui possèdent Orangina depuis 1984, n'ont pas hésité longtemps. Près de 900 millions de dollars: la proposition était trop belle. Et, même si, pendant près de six ans, Orangina a poursuivi Coca devant les tribunaux français pour abus de position dominante, les affaires sont les affaires. Deuxième rang européen. Voilà donc que la plus belle enseigne française de boissons gazeuses passe dans l'empire Coca et vient s'ajouter à la panoplie des soft du groupe américain (Coca-Cola, Fanta, Sprite). Mais surtout, en mettant la main sur Orangina, Coca-Cola étend sa force de frappe en France, où la petite bouteille ronde détient 8,5% du marché des sodas en deuxième position derrière" Coca. A force de campagnes de pub totalement secouées, souvent signées Jean-Paul Goude, grâce aussi à une stratégie sys




