Le ministre communiste Jean-Claude Gayssot, qui entend torpiller la
privatisation d'Air France, surveille Christian Blanc grâce à ses «espions». Pendant ce temps, le PDG s'active pour convaincre.
Ce 28 juillet, Lionel Jospin reçoit Christian Blanc. Les deux hommes sont souriants. Pendant une heure et demie, le PDG a abordé tous les problèmes de sa compagnie: les pistes de Roissy, le futur «Hub» (plate-forme logistique) de Shanghai, les alliances avec les compagnies étrangères et, bien sûr, la privatisation. «Ce n'est pas forcément une bonne idée, pas la bonne période politique et il n'y a pas de nécessité économique», prévient Lionel Jospin, qui rappelle ses promesses électorales. Mais assisté de Jean-Pierre Jouyet, directeur-adjoint de son cabinet, le Premier ministre écoute, prend beaucoup de notes. Christian Blanc se sent plutôt d'attaque. Cet été, deux cadres CGT d'Air France, en rupture avec leur syndicat, ont publié une tribune libre dans le Monde: «La privatisation d'Air France et le développement de Roissy pourraient être reconsidérés. Nous pensons qu'il faut, que cela plaise ou non, prendre en compte la réalité du monde concurrentiel», écrivent Alain Dubourg et Sylvie Salmon. Une véritable bouffée d'oxygène pour Christian Blanc! «Il faut que tu revoies Gayssot», lui dit Jospin. «Tu sais, jusqu'ici, cela ne m'a pas vraiment réussi», ose le PDG d'Air France. Il laisse entendre que si le gouvernement persiste à lui refuser sa «privatisation sociale» (1), il pourrait ne




