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Libération

Air France et la gauche: histoire secrète d'un clash (4). Chez Jospin, l'apéro tourne au vinaigre. L'ultime tête-à-tête entre le Premier ministre et Christian Blanc est un échec. Le PDG démissionne.

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Publié le 25/12/1997 à 13h56

L'interview à l'Huma a été décidée vers le 25 août. Contrairement à

ce que pense Christian Blanc, il n'est pas le premier visé par les déclarations du ministre. Gayssot doit avant tout faire passer auprès des communistes le principe de l'ouverture minoritaire du capital ­ porte ouverte, à terme, à une privatisation. Le choix du journal n'est pas innocent, celui de la date non plus; le jour de la parution de l'article, Gayssot est attendu à Roissy pour une visite du «hub», plate-forme logistique ultramoderne, la merveille des merveilles de la compagnie.

Lorsque le ministre arrive à Roissy vers 17 heures, l'accueil est pincé. Blanc souhaite que la visite reste la plus discrète possible. Son invité, lui, a prévenu toute la presse. Très à l'aise, Jean-Claude Gayssot se montre enthousiaste. Sa mine réjouie assombrit encore plus les membres de la direction d'Air France; il devient évident à leurs yeux que l'interview a été concertée avec Jospin. L'entourage cogite: «Ils nous ont menés en bateau, ils veulent dégager Christian.» Et encore: «Gayssot veut sortir FO d'Air France pour réimplanter la CGT.»

Le ton monte. Devant les syndicats, le ministre confirme qu'il n'y aura pas de privatisation d'Air France. Très tendu, Christian Blanc déclare alors au micro de France-Info: «Il y a le domaine de la politique et il y a le domaine de l'économie. ["] J'ai indiqué d'emblée que nous devions être une entreprise normale, comme tous nos concurrents, c'est-à-dire une entreprise privée. Il se tro

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