New York, de notre correspondant.
Le 7 décembre 1995 «date anniversaire de Pearl Harbor» le patron de Microsoft, Bill Gates, annonçait sa décision de faire de l'Internet le coeur de sa stratégie. Deux ans plus tard, le scepticisme qui avait accueilli cette annonce n'est plus de mise. Mais l'ambition de Microsoft repose, au moins en partie, entre les mains d'un juriste de 60 ans qui n'est ni un spécialiste d'informatique ni un internaute averti. Depuis trois semaines, le juge Thomas Penfield Jackson a décidé de donner suite à une plainte de la division antitrust du ministère de la Justice contre Microsoft. Le reproche principal fait à Microsoft est de pratiquer la «vente liée»: d'obliger l'acquéreur de son système d'exploitation «Windows», qui jouit d'un quasi-monopole sur l'équipement des PC, d'acheter également son logiciel de navigation sur l'Internet, «Internet Explorer» qui, lui, est un concurrent de Netscape et autres.
Le 11 décembre, le juge Jackson avait, dans une injonction préliminaire, ordonné à Microsoft de séparer la distribution des deux produits. Microsoft a réagi en proposant aux fabricants informatiques de choisir entre trois formules: une version «complète» de Windows 95 (incluant Internet Explorer); une version de Windows 95 amputée du logiciel de navigation, et que la firme juge alors «endommagée»; enfin une version première du logiciel datant de deux ans.
Le juge doit maintenant déterminer si cette réponse de la firme de Seattle est légale. Au-delà, il




