Bernard Donzeaud, 49 ans, a travaillé vingt-huit ans chez BP avant
d'intégrer Andersen Consulting le 1er avril, lorsque le service comptabilité commun à BP et à Mobil a été externalisé.
«Des restructurations, chez BP, j'en ai connu plusieurs. J'ai commencé ma carrière au dépôt de Floriac, en Gironde, jusqu'à sa fermeture. On m'a transféré à la direction régionale à Bordeaux, qui a fermé elle aussi. Puis j'ai été muté à Courbevoie, quand la comptabilité a été centralisée. Peu après, le siège a déménagé à Cergy. Depuis, je m'estimais en sécurité. Certains services de BP avaient bien été externalisés, par exemple les chauffeurs, la maintenance des appareils en station ou récemment les services généraux. Mais je pensais la comptabilité hors d'atteinte, trop proche du coeur de l'entreprise. Puis il y a eu la fusion avec Mobil, début 1996. Nous avons su tout de suite que ce mariage allait générer des doubles emplois, et donc des suppressions de postes. Lors d'un forum européen de BP, nous avons appris que nous allions être externalisés. «Cette annonce a provoqué une onde de choc. Nous sommes allés manifester à Bruxelles au siège de BP, avec nos collègues allemands et belges. Là, la direction a confirmé qu'elle avait l'intention de transférer sa comptabilité à Andersen Consulting. Elle a dit qu'elle ne reviendrait pas sur cette décision, économiquement justifiée puisque Andersen s'engageait à réduire les coûts de la comptabilité de BP-Mobil de 20% sur cinq ans. «Personnellement,




