Plus leurs clients maigrissent, plus cabinets de conseil
grossissent. Prises dans le mouvement qui consiste à alléger leurs structures pour ne conserver que l'essentiel de leur raison d'être (les centres de décisions stratégiques, la conception, la production, le développement), les entreprises externalisent à tout va. Et ce sont les spécialistes du conseil qui récupèrent une partie des salariés sortis des effectifs des services dits moins stratégiques. «Les entreprises se mondialisent et face à cette nouvelle compétitivité, elles ont l'obligation de se restructurer très rapidement, explique Philippe Gire, consultant d'Andersen Consulting. Comme elles ne peuvent pas tout faire elles-mêmes, nous leur offrons la possibilité d'externaliser certaines de leurs fonctions.» Pour les consultants, il s'agit d'appliquer eux-mêmes les conseils en organisation qu'ils prodiguent à leurs clients. Pour les salariés, cette notion s'apparente à un nouveau mode de gestion des effectifs et constitue un bouleversement de l'idée même de la vie dans l'entreprise. En retard sur les pays anglo-saxons, la mode externalisante démarre en France. Avec deux pionniers du genre. Ernst and Young, qui vient tout juste de se marier avec KPMG, a pris récemment 50% d'Externance, une société qui s'est spécialisée dans l'externalisation de la fonction d'administration de personnel. En juin 1996, après un appel d'offres lancé par Chargeurs, Externance décroche le contrat de l'administration du siège du groupe tex




