Le groupe Bouygues pourra-t-il échapper au dépeçage? Le géant du
BTP, qui contrôle aussi TF1 et le troisième réseau français de téléphone, vient en effet d'accepter de se placer sous la coupe de Vincent Bolloré, un redoutable financier. Mais c'est pour mieux échapper aux griffes de Donaldson Lukfin & Jenrette, filiale américaine du français Axa. Entre la peste et le choléra, Bouygues avait-il le choix? Retour sur quelques tractations hivernales.
Depuis début décembre, lorsqu'il s'est installé confortablement sans qu'on l'y invite chez Bouygues, le PDG du groupe Bolloré ne rêve que d'une chose: qu'on lui laisse le temps de définir sa stratégie afin de savoir ce qu'il fera de ces 10% du capital. «Si on pouvait me donner deux ans, je serais enchanté!» disait-il en début de semaine à un homme d'affaires.
Chacun sait maintenant que les intentions de Bolloré ne sont pas purement amicales, mais parfaitement intéressées. Que vise-t-il? «Mais le groupe, bien sûr!», explique un banquier sur un ton définitif. Un autre ajoute: «Quel que soit l'avenir de Bouygues, Vincent Bolloré sera forcement gagnant dans cette opération.»
Recomposition. Lui n'est pas pressé. Mais, en homme d'affaires avisé, il sait que les opportunités n'attendent pas. Le jeune PDG a beau avoir scellé un pacte de non-agression avec Martin et Olivier Bouygues, il ne perd pas une seconde" et a déjà entamé les grandes manoeuvres qui devraient déboucher un jour ou l'autre vers la recomposition du groupe. Mi-janvier, Vinc




