C’est une sorte de concubinage avant mariage. La fusion
Dassaut-Aérospatiale étant abandonnée, un autre projet est né: la société Dassault Aviation sera bientôt détenue à parité par le groupe public Aérospatiale et le holding privé Dassault Industries. Selon nos informations, l'Etat s'apprête en effet non seulement à transférer à Aérospatiale les 46% qu'il détient dans Dassault Aviation, mais il négocie aussi avec le constructeur des Mirage la possibilité de rééquilibrer le capital afin que personne ne soit majoritaire. En gros, l'avionneur devrait être détenu à 46% par chacun des deux partenaires (son pilotage restant aux mains de Dassault). Les 8% restants seront éparpillés en Bourse. Les fameuses actions à droits de vote double (20% du capital), qui ont été accordées à l'Etat par le fondateur Marcel Dassault sous le gouvernement Barre, seront transformées en actions ordinaires. Depuis vingt ans, l'Etat n'a jamais su s'il avait le droit de les utiliser ou non. Dans le doute, il s'est toujours abstenu.
Les modalités de cette opération restent à préciser. Serge Dassault devrait rencontrer Lionel Jospin dans les jours à venir. Le temps presse. Le groupe Aérospatiale est en pleine refonte du fait de la création, au 1er janvier 1999, de la société Airbus (dont il devrait être actionnaire à hauteur de 37,9%); par ailleurs, les constructeurs aéronautiques du Vieux Continent phosphorent aujourd'hui sur les contours de la grande société européenne qui rassemblera peut-être à terme l




