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La Japan Airlines entre des mains peu scrupuleuses. Un spéculateur japonais aux relations obscures a acquis 3% des actions de la compagnie.

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Publié le 10/02/1998 à 19h59

Tokyo, de notre correspondante.

Depuis ce week-end, le patron de Japan Airlines doit avoir la désagréable impression d'être assis sur un siège éjectable. Un richissime individu vient en effet de faire irruption dans le capital de la compagnie japonaise, devenant sans crier gare le premier actionnaire et réclamant en toute simplicité le fauteuil de président. L'individu en question n'est pas un inconnu à la Bourse de Tokyo; Eitaro Itoyama a fait récemment parler de lui lors du scandale qui a éclaboussé l'intermédiaire boursier Nomura, numéro un du courtage japonais. L'état-major de cet établissement prestigieux avait été complètement décimé suite à une affaire de pots-de-vin.

Riche politique. Sénateur puis député du PLD, le parti conservateur au pouvoir, de 1974 à 1996, Itoyama a démissionné de la Chambre basse du Parlement pour protester contre le sauvetage des sociétés de crédit immobilier avec l'argent du contribuable. L'affaire avait fait grand bruit à l'époque et coûté beaucoup de voix au camp du Premier ministre Ryutaro Hashimoto.

Depuis, Itoyama s'adonne à son passe-temps favori: la spéculation boursière. Il en a les moyens. Lorsqu'il était membre de la Diète, il figurait toujours en tête du classement des hommes politiques les plus riches. Pour préparer son coup sur Japan Airlines (JAL), il a amassé 52 millions d'actions, ce qui représente un investissement colossal, l'équivalent d'1,2 milliard de francs. Cela fait de lui le premier actionnaire avec 3% du capital, devant

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