A force, évidemment, l'entreprise a fini par y consacrer un temps
fou. Sous la pression des syndicats et de l'inspection du travail, qui a dressé plus de 7 000 procès-verbaux, Thomson-CSF RCM (Radars et contre-mesures, 3 200 salariés) a réduit le temps de travail de ses cadres à 38h30. «Deux années passées au rythme de la réduction du temps de travail», soupire Bernard Rocquemont. Ce délai digéré, le PDG s'est livré, la semaine dernière, au siège du groupe à Elancourt (Yvelines), à un bel acte de contrition. «Mon rôle est d'adapter mon entreprise. Tout ce qui va à l'encontre de l'immobilisme est une bonne chose. De toute façon, la grande période où les cadres se jetaient dans le boulot est révolue», affirme-t-il. Une révolution culturelle, pour cette société d'ingénieurs qui, au passage, a gagné 110 embauches. Mais comment Bernard Rocquemont s'y prend-il pour changer les habitudes? D'abord, rétablir la pointeuse pour tous. «Ce n'est pas un problème psychologique. Nous ne sommes plus à l'époque de la pointeuse qui fait clong! avec le carton.» Un badge moderne suffira. Ensuite, fermer les portes de l'établissement à 19 heures pétantes; contrôler les parkings pour repérer les cadres réfractaires; se faire aider de deux cabinets conseils. Surtout: réorganiser le travail. «Au fond, tout cela est porteur de suppressions de vieilleries», se réjouit Bernard Rocquemont. «C'est fou, le nombre de notes, de papiers que personne ne lit.» Les cadres sont donc encouragés à ne diffuser qu




