La lettre du préfet est arrivée le 10 décembre à la mission locale
départementale, installée à la périphérie de Toulouse. Marie-Paule Istria, directrice de cette structure chargée de l'insertion professionnelle des 16-25 ans, a ainsi été désignée officiellement comme l'une des huit «pilotes» emplois-jeunes du département. Ces derniers sont chargés d'informer, de détecter les emplois nouveaux, de soutenir les projets. La zone d'action de Marie-Paule Istria couvre 36 communes, et 177 040 habitants. Avec trois collaborateurs, elle a constitué un comité d'animation locale qui regroupe des représentants de la Poste ou de GDF, des élus, le rédacteur en chef de la Dépêche du Midi et même un représentant du CNPF local. Bénévoles, ils donnent leur avis sur les dossiers. Marie-Paule Istria a aussi battu la campagne pour expliquer les emplois-jeunes. Une dizaine de réunions dans les chefs-lieux de canton ont rassemblé 400 personnes et généré une quarantaine de dossiers. Enthousiaste, elle évoque «un formidable pari, doublé d'une révolution culturelle». «Non seulement le marché de l'emploi va se rééquilibrer, mais ça va obliger les collectivités locales à passer d'une mentalité d'emplois déjà tout calibrés à une logique d'employeur», affirme-t-elle. Sans ignorer les dérives possibles. «Le principal écueil serait de revenir à une logique de guichet, avec une administration toute-puissante qui déciderait ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Qui voudrait tout contrôler pour faire "du




