Le député n'a pas voté la loi. Le maire l'a appliquée. En octobre, à
l'Assemblée nationale, le député-maire (UDF) de Toulouse, Dominique Baudis, a fait le mort. «Je n'ai voté ni pour ni contre la loi, en échange de deux assurances: que l'Etat s'engage à financer ces emplois pendant cinq ans et qu'il nous laisse l'autonomie d'en décider le contenu.» Cela étant acquis, le maire a tenu un conseil municipal sur la question dès le 31 octobre. Conseil qui a abouti à la création de 130 emplois-jeunes, dont 100 agents locaux de médiation», autrement dit des auxiliaires de la police municipale. Aisément repérables dans la ville grâce à leur uniforme, ils sont chargés de faire des rondes pour recenser les troubles à l'ordre public, recueillir les sollicitations (encombrement de trottoirs), relever les anomalies (trous dans la chaussée, décharges sauvages), surveiller les sorties d'école et agir contre le bruit (en repérant les cafés qui fermeraient après l'heure légale, par exemple). «Ces postes, je les ai moi-même définis, assure Dominique Baudis. Je n'ai pas eu besoin de faire une longue enquête pour cela. Mon courrier me suffit. Les gens veulent plus de sécurité. Je ne me voyais pas proposer des emplois-jeunes pour faire la promotion du rap.» Pour trouver les recrues idéales, la municipalité est allée chercher du côté des jeunes au chômage qui avaient fait leur service dans la police. «Comme ça, la formation nécessaire a pu être réduite de moitié. Ils ont été rapidement opérationn




