Un monopole, ça s'entretient. Telle pourrait être la devise de
Jean-Claude Decaux, même si son emprise sur le marché français du mobilier urbain s'est écornée ces dernières années. Depuis le début de son aventure à la fin des années 60, l'inventeur de la Sanisette n'a cessé de se prémunir contre les humeurs des municipalités. En verrouillant régulièrement ses contrats, l'industriel chiraquien coince ses clients (c'est-à-dire les communes) dans un système dont il semble très difficile de sortir.
Lorsqu'une ville souhaite s'équiper en Abribus, «sucettes» d'affichage électroniques et autres toilettes de rues, elle signe la plupart du temps une convention avec la société Decaux pour une durée de quinze ans en moyenne (plus de 630 villes en France). Mais ladite société profite souvent de l'entretien et du changement de matériel pour rajouter des avenants en cours de contrat. Les concurrents de Decaux les appellent les «avenants glissants». Ils permettent au groupe de prolonger la durée des contrats. Tentation. En l'absence totale de concurrence, la procédure allait de soi. Mais depuis l'émergence de nouveaux industriels sur le marché (Sirocco, Dauphin, Giraudy et le britannique Adshel More Group), certaines villes sont tentées de sortir du système unique et de lancer des appels d'offre. Elles avancent qu'on est là dans l'utilisation du domaine public et que cela justifie la mise en concurrence des prestataires. Rennes a montré très récemment l'exemple en s'opposant au renouvelleme




