Il aura fallu quatre mois à Vincent Bolloré pour donner le premier
coup de pied dans la fourmilière Bouygues. Réunis hier en fin de matinée au siège, les administrateurs du groupe de BTP ont assisté à une singulière passe d'armes entre les deux principaux actionnaires et supposés alliés, Martin Bouygues et Vincent Bolloré. Celui qui s'est invité en décembre dernier au tour de table du groupe a contesté ouvertement la façon dont les comptes 1997 ont été arrêtés. Et pour bien marquer leur désapprobation, Bolloré et Jean-Paul Parayre, l'autre administrateur représentant ses intérêts, se sont abstenus lors du vote final. Dans le monde policé des affaires, une telle attitude vaut déclaration de guerre. Bolloré n'est pourtant pas du genre pinailleur: il a trop l'habitude des arrêtés de comptes à géométrie variable pour s'offusquer d'un changement de méthode comptable. Le PDG de Bolloré Technologies a saisi le premier prétexte qui lui a été donné pour afficher ses ambitions et sa vision stratégique pour Bouygues. C'était d'ailleurs l'autre partie de son offensive d'hier: le deuxième volet du conseil d'administration fut consacré aux cessions. Logique: si les comptes sont contestables ou tirés à la hausse comme l'a soutenu Bolloré, c'est que l'entreprise ne se porte pas aussi bien que la Bourse le croit. En conséquence, le redressement du groupe passe par la vente de certaines activités. Après quatre mois d'inspection, Bolloré s'est convaincu que le pôle télécommunications était déc




