Tokyo, de notre correspondante.
Ruytaro Hashimoto ne laissera pas couler le paquebot Japon. Au plus fort de la tempête, et au risque de se contredire, le Premier ministre japonais a décidé de reprendre la barre en main et d'imposer un changement de cap à 180° à sa politique économique. L'année dernière, convaincus que le redressement économique était bien enclenché et qu'il fallait à tout prix réduire les déficits, les pouvoirs publics avaient augmenté les impôts, ceux sur les entreprises, le revenu ainsi que la TVA. Cette politique avait eu pour effet d'étouffer la timide reprise. Aujourd'hui, le ton est bien différent: «L'économie traverse une très mauvaise passe et concentre la plus forte accumulation de facteurs négatifs depuis la Deuxième Guerre mondiale», a admis le chef du gouvernement nippon devant les sénateurs qui, après les députés, s'apprêtent à voter mercredi le budget 1998/99.
Pendant qu'il était à Londres pour le sommet Europe-Asie (Asem), Hashimoto a reçu deux coups de poignard dans le dos. Le premier venant du patron de Sony qui l'a comparé à l'ancien président américain Herbert Hoover dont la politique déflationniste avait entraîné la Grande Dépression des années trente. «Notre économie est au bord de l'effondrement», s'était alarmé Norio Ohga, nommé hier vice-président du Keidanren, le CNPF japonais. Le second est venu, c'est moins rare, des Etats-Unis, plus précisément de l'agence d'évaluation financière Moody's qui a émis des doutes sur la qualité de la s




