Pour Martin Bouygues, il n'y a pas d'affaire Bolloré; d'ailleurs,
c'est tout juste si Vincent Bolloré existe vraiment. Maniant la méthode Coué et la langue de bois réunies, le PDG de Bouygues s'est employé à démontrer hier, à l'occasion de la présentation des comptes 1997, que l'arrivée du PDG de Bolloré Technologies au conseil d'administration de son groupe en décembre ne change rien. Ni pour lui, ni pour l'entreprise. Et même si Martin Bouygues n'a pas trouvé «très amical» que son nouvel actionnaire s'abstienne d'approuver les comptes 1997 lors du conseil d'administration du 1er avril, il conserve pour la galerie un optimisme de choc: «Nous avons scellé avec Bolloré un pacte magnifique, dont je suis très satisfait», a-t-il affirmé et «j'ai bonne confiance qu'il approuve nos comptes lors de l'assemblée générale du groupe le 10 juin».
A quoi joue donc Martin Bouygues? Il s'acharne à minimiser le rôle de celui qui s'est invité, sans l'en informer, au capital de son groupe, et veut voir dans l'attitude récente de Bolloré une petite tentative de déstabilisation de la direction dont il n'a que faire. Voilà pour l'apparence. En réalité Martin Bouygues ne s'attendait pas à une attaque aussi rapide de son «nouvel ami»: le pacte d'actionnaires scellé entre Martin Bouygues, Olivier Bouygues et Bolloré le garantissait, au moins pour un moment pensait-il, contre une agression brutale. Le PDG du groupe de BTP a choisi de contre-attaquer en réaffirmant l'identité de Bouygues, la sienne e




