Copenhague envoyé spécial
L'aéroport de Copenhague fermé pour cause de grève, on peut encore rejoindre la capitale danoise par la mer, depuis la Suède. Dès le départ de Malmö, un membre d'équipage prévient qu'en raison de la grève, aucun service de restauration n'est possible. Après neuf jours d'un conflit mobilisant 450 000 employés du secteur privé, le Danemark marche au ralenti (Libération d'hier). Si l'on trouve de quoi se nourrir, le trafic dans les rues de la capitale est anormalement fluide. Seules deux ou trois stations-service proposent du carburant à ceux qui acceptent de faire la queue.
Vu de l'extérieur, le mouvement danois peut facilement passer pour une grève de riches. Certains grévistes l'admettent. Une sixième semaine de congés payés comme revendication essentielle laisserait pantois bien des Européens. «Non, réplique Jean-Claude Guinot, un manoeuvre français installé au Danemark depuis trente ans. Avoir plus de temps pour ma famille, ce n'est pas du luxe. J'habite à 25 kilomètres de mon travail, je me lève à 4h30 le matin, et ma femme termine son travail vers 18 ou 19 heures.» Avec quelques collègues, il tient un piquet de grève. Devant un parc industriel de Kastrup, dans la banlieue de Copenhague, drapeaux rouges et saucisses grillées donnent le ton. «Si on a rejeté l'accord salarial qui nous proposait un ou deux jours de plus, dit un des grévistes, c'est qu'on nous a pris pour des idiots. On nous offrait le 24 décembre, alors que la plupart d'entre nous ne




