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Japon: portraits d'un pays en crise (4) SOS cadres en détresse. Un syndicat, TMU, assiste les cols blancs harcelés et poussés à la démission.

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Publié le 14/05/1998 à 1h13

Tokyo de notre correspondante

Après la faillite de Yamaichi, en novembre, plusieurs employés de l'ex-quatrième plus grand courtier du pays sont venus frapper à la porte du Tokyo Managers Union (TMU), un syndicat logé dans le quartier d'Itabashi. Au Japon, les cols blancs n'ont pas le droit de se syndiquer. Mais le TMU propose une assistance à ceux qui sont injustement traités ou poussés à la démission par leur employeur. «Les cadres ont été les premières victimes des restructurations des sociétés japonaises, explique Kiyotsugu Shitara, le secrétaire général du syndicat. En théorie, les licenciements sont tabous. Mais les lois sociales sont si floues que les salariés ont peu de recours contre la discrimination. Les patrons japonais en profitent.»

Conséquence d'une crise économique qui s'éternise depuis l'éclatement de la bulle immobilière et financière au début des années 1990, l'association, créée voilà trois ans, redouble d'activité. Le local d'origine, planqué au cinquième étage d'un immeuble étroit, situé à quelques encâblures d'un shuto (autoroute suspendue) en construction, s'étend désormais sur les trois étages du bâtiment. Un va-et-vient constant a nécessité le renfort de plusieurs nouveaux conseillers volontaires. Face au succès de l'expérience, qui doit aussi beaucoup à la sclérose et à l'inadaptation du mouvement syndical japonais dont la principale préoccupation était d'obtenir des hausses de salaires pendant les fameuses shunto (les «luttes sociales du printemps»,

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