Qui aurait pu imaginer, il y a seulement un an, que Fidel Castro soit follement acclamé dans le temple du libéralisme? A l'occasion du 50e anniversaire du système commercial multilatéral sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le vieux rebelle avait certes abandonné son treillis pour un costume sombre, mais ses convictions sont restées intactes. Mardi, il a dénoncé la tentative américaine de commettre «un génocide économique» contre Cuba. Mais, surtout, face à la puissance américaine, il s'en est pris au silence de l'OMC: «Pourquoi l'injuste échange inégal n'est-il même pas mentionné? Pourquoi l'insupportable fardeau de la dette extérieure n'est-il pas abordé? Pourquoi l'aide au développement est-elle réduite?» Un délégué africain hochait la tête en écoutant ces paroles. «Lui seul a le courage de dire ce que nous pensons», lançait-il, admiratif. Campant dans son rôle de victime, Fidel, imperturbable à la tribune, continuait: «Comment allons-nous vivre? Quels biens et services allons-nous exporter? Le tiers-monde [restera-t-il] une immense zone franche pleine d'usines de sous-traitance et d'assemblage qui ne paient même pas d'impôts?"» Devant ce déchaînement verbal, un diplomate européen fulminait: «Fidel nous fait encore son vieux numéro d'acteur.» Les propos du Cubain semblaient néanmoins reprendre un peu de pertinence. Crise asiatique, émeutes indonésiennes, mouvement des sans-terre en Amérique latine, exclus des pays développés, le jubilé de l'OMC n'
Le tiers monde bouscule l'OMC
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A Genève, Castro et Mandela dénoncent l'écart croissant entre riches et pauvres.
Publié le 20/05/1998 à 1h44, mis à jour le 20/05/1998 à 1h44
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