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Analyse

Gayssot attaque pour éviter les prolongations. Colère, explosion sociale"" Un conflit long nuirait au gouvernement.

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Publié le 03/06/1998 à 4h54

Depuis que le conflit des pilotes d'Air France est entré dans sa

phase critique, soit quelques jours avant le dépôt du préavis de grève (1er juin, pour quinze jours), la coordination des discours et des positions de la direction de la compagnie et du ministère des Transports s'est déroulée dans un étrange climat de précipitation. Pas d'agressivité, pas d'hostilité non plus, juste de la nervosité de la part de Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports, qui, depuis la semaine dernière, n'a qu'une obsession: sortir le plus vite possible de ce conflit bien trop dangereux pour lui. Dangereux, parce que le risque social est immense. Si la grève se poursuit au-delà d'un jour ou deux, voire trois jours, cela transformerait ce conflit en véritable catastrophe nationale, avec, bien sûr, des avions bloqués au sol, des passagers mécontents, un Mondial de plus en plus menacé, mais surtout un risque d'extension du mouvement vers d'autres catégories de personnel d'Air France. Dangereux aussi parce que Jean-Claude Gayssot mesure le risque politique d'un enlisement de la grève. Lui qui, depuis son arrivée au gouvernement, poursuit, selon les observateurs, un parcours qu'on dit sans faute se heurterait ici à un obstacle de taille: il serait de fait identifié au ministre par qui la pagaille du Mondial est arrivée. Celui à cause de qui la fête du football serait gâchée. Et on imagine que le gouvernement pourrait lui en tenir rigueur.

Tandis que Matignon se garde bien d'intervenir ouvertement

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