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Métallurgie: 35 heures sous pression. Le patronat a entamé les discussions, non sans arrière-pensées.

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Publié le 03/06/1998 à 4h54

La métallurgie négocie les 35 heures. La plus puissante des

fédérations du CNPF, l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), la plus hostile aussi à la réduction du temps de travail, a ouvert hier les débats, deux semaines après l'adoption de la loi Aubry. La nouvelle devrait réjouir les organisations syndicales; elle inquiète plusieurs d'entre elles. Car il y a un côté face et un côté pile dans cette affaire. Face: officiellement, la réunion qui s'est tenue hier, en présence d'une soixantaine de personnes (huit par délégation syndicale, le triple côté patronal), s'est bornée à un «échange de vues». Aucune des questions sensibles n'a été détaillée, pas plus les créations d'emplois que le problème des heures supplémentaires. Un simple round d'observation, en somme. Côté pile: au cours de discussions informelles avec des syndicats, l'UIMM a déjà avancé quelques-unes des pistes qu'elle souhaite explorer. A savoir: faire passer le contingent d'heures supplémentaires de 94 heures (la norme actuellement dans la métallurgie) à 318 heures; calculer les 35 heures non plus sur 45,5 semaines mais sur 47, ce qui reviendrait à intégrer les jours fériés dans le temps de travail et donc à ne plus les payer; imposer un «forfait tous horaires» pour les cadres rémunérés au-delà d'un seuil de 240 000 F; puis étendre ce «forfait tous horaires» aux techniciens, voire aux ouvriers professionnels. Soit quelques bâtons de dynamite placés sur le chemin des négociations. «Evidemment,

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