Surseoir. Tard hier, hier, après une longue interruption de séance,
la direction d'Air France devait présenter aux pilotes, en grève depuis quatre jours, un texte court, contenant un calendrier et des sujets à débattre. Tout en actant les avancées faites par les navigants sur l'échange salaire contre actions (lire ci-dessous), la compagnie estimait dans la soirée que tous ces points étaient bien trop complexes pour parvenir rapidement à un accord. Afin de passer le cap de la Coupe du monde de football, Jean-Cyril Spinetta propose donc à chacun des syndicats de se retrouver dans un mois, après avoir étudié à tête froide ce qui pourrait constituer les termes d'un accord, qu'il s'agisse d'un échange salaire actions, d'une nouvelle grille de rémunération ou encore des conditions de travail.
La direction avait déjà fait une première tentative dans ce sens, la veille, avec la mise en place d'une «commission de constat», tentative qui s'était soldée par un échec. Pressée par le temps, elle est revenue à la charge, avec un calendrier précis et plus étendu, dans l'espoir de convaincre les syndicats qu'il est impossible de traiter les questions économiques de cette envergure sous la contrainte d'un événement planétaire. De toute évidence, Spinetta joue aussi sur la division de ses partenaires. Il a privilégié le dialogue avec le SNPL, majoritaire, contre les petits syndicats de pilotes (SPAF, SPAC, SNOMAC, SNPL-Air Inter...). Ce qui a attisé la mauvaise humeur de ces derniers.
Le calcul




